Beuvry était dans les derniers siècles du Moyen Age une châtellenie dont relevaient une quarantaine de fiefs, dont celui de l' Estracelles. Le nom est mentionné pour la première fois en 1435. Dès lors, à partir du début du XVIè siècle, il est aisé de suivre l'évolution de l'histoire de l'Estracelles.

Jacques Esmenault, propriétaire des terres à cette époque, fait construire la première partie du manoir en 1530. L'aile perpendiculaire à la façade est ajoutée en 1629 par Charles de Croix-Quieret. Le blason de la famille se devine d'ailleurs au-dessus de la porte d'entrée. L' édifice est un manoir seigneurial en style flamand rustique. Une ferme était adjointe au manoir, l'ensemble formant un quadrilatère: un hangar, une grange, l'habitation du fermier et les étables aujourd'hui disparues. Le tout était entouré de fossés (les douves).

 

" Le manoir de l'Estracelles à Beuvry garde dans sa coquille de pierre des souvenirs multiples et les livre un à un à ceux qui enfin, dernièrement, s'en sont épris et se sont promis de lui faire franchir le cap difficile de notre époque actuelle. Cette "folle" entreprise de sauvetage n'est pas dans son histoire la moindre démunie de difficultés, car l'indifférence est pire encore que la pénurie d'argent "

Après la dernière guerre, le bâtiment est laissé à l'abandon, la grange disparaît, le hangar est en partie détruit. C'est en 1973 que le manoir est acheté par l'Association de sauvegarde du manoir de l'Estracelles, créée par Philippe Decroix, et débute une seconde vie. Avec l'aide de bénévoles, Philippe Decroix restaure le bâtiment et reconstruit les deux granges du XVIIIè siècle.

Le manoir de l'Estracelles appartient depuis 1997 à l'Association des Amis du musée de Béthune qui prend alors le nom d'Association des Amis du musée de Béthune et de l'Estracelles à Beuvry. On trouve dans la grande salle du manoir une fresque du XVIIè siècle représentant des végétaux et des oiseaux, classée Monuments Historiques. L'édifice lui-même est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

Philippe Decroix
En juillet 2004, le manoir est victime d'un incendie criminel qui réduit à néant tous les efforts de restauration entrepris depuis plusieurs décennies. Les planchers sont partis en feu pour la plupart, les toitures se sont effondrées, une cheminée est sur le point de crouler, une fresque a disparu, les deux autres ont perdu leurs couleurs. Un premier travail de consolidation a été réalisé avant d'envisager une rénovation complète destinée à restituer l'apparence originelle du site.